SANS RÔLE
Sans rôle
Il existe des langages subtils — systèmes, récits, croyances —
qui tentent de nommer l’invisible.
Parfois, ils apaisent. Parfois, ils limitent.
Tout dépend de ce qu’on y cherche.
S’ils nous ramènent doucement à ce qui est,
ils peuvent être des ponts.
Mais s’ils deviennent une nouvelle norme,
un effort de conformité pour devenir « enfin soi »,
alors ils voilent la simplicité du moment.
La vraie liberté ne dit pas :
« Sois plus conforme à ton type. »
Elle dit :
« Sois là où tu es. Sans effort. »
Il n’y a rien à corriger.
Rien à incarner.
Rien à atteindre.
Ce que tu es est déjà là.
Sans étiquette.
Sans direction à suivre.
Simplement vivant.
Et quand on n’a plus de rôle à tenir,
quand on ne se regarde plus à travers le regard des autres,
on commence à marcher autrement.
Marcher avec légèreté,
c’est avancer sans crainte de ce qui pourrait arriver.
C’est ne pas attendre que les choses ressemblent à nos plans,
ni que les autres se comportent comme on le voudrait.
Marcher avec légèreté,
c’est être vrai,
dire ce qu’on ressent,
et ne plus perdre de temps dans des rôles qui sonnent faux.
On ne peut avancer avec légèreté que sur ses propres jambes,
dans sa propre direction.
Tant qu’un autre décide de ton cap,
tu restes dépendant de ses vents.
C’est ne pas se tordre l’esprit pour savoir ce qui va arriver.
Prendre soin du pas suivant,
et laisser la suite se faire comme elle doit.
La vie se joue comme un jeu invisible.
Ce n’est pas à nous de tout contrôler.
Seulement d’être là,
dans le mouvement.
Ce qui vient ne pouvait être autre chose.
Et ce que tu sens juste de faire…
fais-le. Sans poids.
Marcher avec légèreté,
c’est comme flotter.
Sentir la vague,
et faire confiance au courant qui te porte.